Réservation pour les visites auprès de

M et Mme TARDAT au 05 45 64 07 31 ou Mme VINSONNAUD au 05 45 64 05 87

EN JUILLET ET AOUT 2018 des visites sont organisées du mardi au samedi de 15h à 18h

La commanderie

La commanderie, construite vers 1150, sur une terre ayant appartenu à un seigneur du Limousin s’est vue donner le nom de son village d’origine  (DOGNON)  prés de Saint Léonard de Noblat. Le terme Dognon était utilisé pour désigner une hauteur pouvant  être fortifiée en motte  féodale. La colline, au dessus du village actuel (le temple) sur la commune de Coteaux du Blanzacais, porte toujours le nom de Dognon.

Construite vers 1160, la chapelle respecte, pour son architecture, les règles cisterciennes préconisées par Bernard de Clairvaux, un simple rectangle orienté (dirigé vers l’Orient). D’après la règle cistercienne, un monastère devait réunir ” toutes les choses nécessaires à savoir : l’eau, un moulin, un jardin et des ateliers afin d’éviter que les moines ne sortent à l’extérieur “. Tout devait être conçu pour un retour vers un monde solitaire de travail et de prière. Rien ne devait distraire le regard ou l’esprit, aussi simplicité, sobriété et dépouillement atteignirent, au Thoronet comme dans d’autres abbayes cisterciennes, la perfection. Le plan de l’église est proche de celui de Sénanque avec une seule et large nef à trois travées, de largeurs inégales, un chevet constitué par une quatrième travée dotée, en son centre, d’une abside semi-circulaire et, dans chacun de ses bras, de deux chapelles.

Récupérée par les Hospitaliers après le procès de 1314, la commanderie ayant été ruinée par la guerre de 100 ans , les guerres de religion et chapelle vendue comme bien national (fin XVIIIe) à un fermier qui refit une toiture pour y placer ses animaux (coté Sud) ainsi que la paille et le foin (coté Nord).

En 1902 la chapelle est achetée par la communauté protestante de Barbezieux qui procède à des consolidations et restaurations par des remplacements de pierres (voûte , corniche, pilastres, voussure du portail …). La croix Cénenole atteste de l’appartenance à la paroisse protestante.

Les murs en pierre calcaire ordinaire (opus incertum) sont bâtis avec un mortier de sable et chaux. Les pilastres et les angles en pierre de taille maintiennent la verticalité de la structure qui doit supporter une voûte en berceau (légèrement brisée).

Le mur extérieur Est : Un triplet de fenêtres en plein cintre  évoque la trinité . Il en surmonté d’ un oculus à quatre lobes pour accueillir la lumière depuis les quatre points cardinaux.

 Le mur extérieur Sud : Pilastre tronqué, corbeaux, traces d’ouvertures attestent la présence de bâtiments adjacents disparus. Sur la partie droite du pilastre central  il faut remarquer une pierre fortement usée par le vif frottement de pèlerins de St Jacques (main de pénitence).

Le mur extérieur Nord : Un arrachement incurvé  pourrait être le reste d’ une galerie.

La façade Ouest : Tripartite comme les petites églises de la région elle est surmontée d’un fronton triangulaire . Le portail en plein cintre à voussures sans ornements comporte des colonnettes à chapiteaux peu travaillés (mode cistercienne). Les deux corbeaux au dessus du portail soutenaient un auvent.

 

La restauration des peintures

Les murs Est et Ouest ont été restaurés sur place par Mlle Mesdrikoff  qui a déposé la totalité du mur nord par collage sur des draps (de 1950 à 57). Les rouleaux obtenus ont été envoyés aux ateliers nationaux pour restauration (sous la direction de Mme de Chrystène). L’ensemble de la peinture a été collé sur un contreplaqué marine  pour l’exposer pendant 10 ans au musée des monuments français du Tocadero. Vers la fin des années 60 notre chapelle a récupéré le décor posé sur treillis de bois d’acajou. Sous la responsabilité de la DRAC Poitou-Charentes un programme de restauration a été mis en œuvre en 2013, afin de sauver les peintures du mur Nord fortement dégradées.

 

Première campagne de peintures (vers 1170)                                                                                                     

Registre supérieur  mur Nord : (à voir sans les galons réalisés ultérieurement)

Réalisée sur fond clair, cette peinture (fresque ?) représente la bataille de La Bocquée (1163) à laquelle ont  participé les chevaliers de l’Angoumois (basés à Antioche) pour secourir les Hospitaliers menacés dans le Krak des chevaliers  par les troupes de Nour El Din  (Atabek de la ville d’Alep).

A l’extrême gauche les Francs sortent d’une ville fortifiée (Antioche ? dont le prince était Raymond de Poitiers de 36 à 49 puis Renaud de Châtillon de 49 à 63), les femmes dans les créneaux  les regardent partir.

Au centre, le célèbre cavalier blanc représente Geoffroy Martell Taillefer, frère Cadet du comte Guillaume d’Angoulême.

A droite les Musulmans (Turcs Seldjoukides) commandés par Nour El Din  (voir l’aquarelle de Sadoux de 1872) vont se réfugier dans une ville fortifiée (Alep ?) dans laquelle les guetteurs sonnent le rappel.

RemarqueLes Francs ont le visage pâle, le bouclier triangulaire (écu), le heaume à nasal, les selles fortement relevées à l’avant et à l’arrière, des étriers  mais pas de rênes (les mains tiennent le gonfanon et la lance).

Les turcs ont le visage foncé, le bouclier rond  (rondache), des selles plates.

De nombreuses fleurs de lys entourent les musulmans pour indiquer que la chrétienté domine l’Islam (cette fleur évoquant la trinité à été adoptée pour la première fois par Louis VII, sur les  conseils de l’ abbé Suger, comme emblème de la royauté Française). Leur présence est un hommage au premier roi ayant encadré une croisade (Louis VII  a pris la tête de la 2e croisade en 1147 avec sa jeune épouse Aliénor).

En 1170 la partie inférieure du mur nord était peinte d’un « faux appareil » à simple trait pour représenter des pierres taillées (ces traits ont été renforcés pendant la restauration).

Mur Ouest :

A droite, un cavalier écrase l’infidèle pour protéger l’église  (Constantin ? Louis VII ?), en face une femme également couronnée représente l’église menacée (Aliénor ?  Dont une représentation similaire existe à Chinon).

A gauche, un templier sauve une jeune fille des griffes d’un dragon (légende de Saint Georges patron des templiers sauvant la princesse de Sylène).

Dans l’embrasure de la fenêtre, à gauche la queue du dragon et à droite le bateau des croisés dont la forte nef peut représenter l’église.

 

Deuxième campagne de peintures (vers 1180 90) 

      

Registre inférieur mur Nord 

Il représente une trêve avec échange de prisonniers ou d’otages (à l’époque de Saladin ?).

Le cavalier isolé peut représenter le comte de la marche Hugues VII de Lusignan (père de Guy).

Remarque : L’enduit foncé avait pour but de masquer le faux appareil de 1170

 

 

Orientation du mur :

A gauche, la pesée des âmes (de templiers ?) par l’archange Saint Michel.

Au dessus de la pesée, un chrisme (comme celui de la cathédrale Saint Jacques de Compostelle) avec la lune, le soleil , l’alpha (voir le petit oméga au dessus du alpha).

A droite un évêque (peut-être Lambert qui a prêché la 2° croisade en Angoumois) et au-dessus une partie effacée (prévue pour un chrisme avec oméga ?).

 

Troisième campagne de peintures (après 1200 ?)

Pour être à la mode de l’époque et se détacher de la rigueur Cistercienne on ajoute des motifs décoratifs : galons en bordure des registres du mur nord  pour donner un aspect de tapisserie  (sans s’inquiéter de couper les têtes et les pieds des personnages déjà représentés).  Rinceaux luxuriants et masques léonins sur le mur Est (lions ou comédiens ?). Petites arcatures en brun foncé pour souligner l’arc doubleau.

Au mur ouest , décoration géométrique autour de la  porte et dans la partie haute de l’embrasure de la fenêtre ainsi que dans l’arc doubleau un faux appareil à double trait et fleurette (beaucoup plus tardif que le simple trait).

 

Accessibilité
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial